Robert Bresson à propos du cinéma
Le cinéaste Robert BRESSON répond aux questions du journaliste Jean Loup FERRIER. Peintre de formation, le cinéaste considère qu'il y a moins d'analogie entre la peinture et le cinéma qu'entre la musique et le cinéma. Cependant, la nécessité d'organisation, d'ordre de l'image, travail qu'il s'étonne que certains réalisateurs confient à des cadreurs, alors qu'il s'agit pour lui d'un véritable moyen d'expression, est comparable à l'organisation des masses et des volumes dans la peinture. Il évoque son admiration pour Chardin et repousse toute influence de la peinture sur ses films. Un film n'est pas un tableau, et il faut même faire perdre au spectateur la notion de l'image et du son. Puis il parle de la place de l'objet dans son cinéma. Un film est fait de "rapports", contrairement à la plupart des films actuels, qui sont du théâtre photographié. Le cinéma, dans ces cas là, est un moyen de reproduction, pas de création. Les chocs, les contrastes ou les parentés entre les objets, entre les personnages, entre l'image et la parole, sont "vivants de cette vie". En off, il illustre ses propos en analysant la séquence de la gare de Lyon extraite de son film "Pickpocket". Il conclut sur le fait qu'il reprendra la peinture, car "la peinture est ma vraie destination".
Producteur / co-producteur |
Office national de radiodiffusion télévision française |
Générique | Réalisateur : Monique Lepeuve Journaliste : Jean Loup Ferrier Participant : Robert Bresson Producteurs : Jean Loup Ferrier, Monique Lepeuve |