L'EVENEMENT.
1973. La ville de Mazamet dans le Tarn et ses 16 610 habitants sont choisis pour une opération plutôt incongrue. Si cette ville a été choisie, c'est parce que le nombre de sa population correspond exactement à celui des morts sur les routes en 1972. Diffusé à la télé, cet événement médiatique a été filmé et réalisé par Guy Seligmann. Jérémie Gapin est allé à sa rencontre.
Il SE SOUVIENT.
L'année 1972 est une hécatombe sur les routes, l'année suivante, le 17 mai 1973, une opération médiatique a lieu à Mazamet dans le Tarn. À l'époque, le réalisateur Guy Seligmann, a été choisi pour filmer « Mazamet, la ville rayée de la carte ». Devant ses caméras, les 16 610 habitants de Mazamet s’allongent par terre, comme morts. L'objectif de cette mise en scène frappante est de sensibiliser les Français sur la sécurité routière.
Des images saisissantes qui nécessitèrent un mois de préparation. « Tout ce que je faisais du haut de l’hélicoptère, c’est avec un micro et un énorme haut-parleur, comme pour les incendies gigantesques, c’est de dire « Couchez-vous ! Couchez-vous ! », raconte le réalisateur cinquante ans plus tard, toujours bluffé par l'implication des Mazamétains : « Il y a eu des mouvements spontanés qui m’ont vraiment surpris. C’est-à-dire que des gens ont mis leur bagnole à moitié sur le trottoir, sur la chaussée. Ils ont ouvert les portes, le coffre, le capot. Et certains ont fait du feu ! Alors ça, j’étais très surpris ! »
L'opération débute à 14h29 précise, à 14h40 tout est terminé. Suite à ce documentaire choc d’une heure, l’État a pris des mesures fortes en 1973. Comme le port de la ceinture de sécurité à l’avant, le casque obligatoire pour les motocyclistes, ou encore les limitations de vitesse.
La bande-annonce de « Mazamet, la ville rayée de la carte »
Le reportage en intégralité
16 000 habitants morts
1973 - 10:47 - vidéo